À 58 ans, Anne apprend qu’elle hérite de 135.000 € via une assurance-vie ignorée. Une surprise qui soulève des choix de transmission et d’investissement. ( crédit photo : Getty Images )
Sommaire:
- Contrat d’assurance-vie: pourquoi Anne va devoir payer des impôts sur le capital reçu
- Anne se voit proposer un contrat d’assurance-vie à des conditions commerciales intéressantes
- Anne répartit une partie de son épargne sur un contrat d’assurance-vie multisupports
- Anne va faire une donation à ses filles et investir le reste de son argent
À six années de la retraite, Anne se sent plus légère. Bénéficiaire d’une assurance-vie souscrit par une de ses tantes, elle va toucher 135.000 euros, avant impôt. De quoi voir venir.
Professeure des écoles à Châteaubriand (44), Anne a commencé à travailler à l’âge de 25 ans. Pour toucher une retraite complète, elle doit normalement attendre 67 ans mais elle compte partir à 64 ans, l’âge légal, malgré une décote de sa pension. Selon le site Info Retraite, elle percevra alors 1900 euros net par mois, un montant satisfaisant pour elle.
Autre bonne nouvelle pour Anne, mais cette fois anticipée: un an avant de faire ses adieux à sa classe, elle aura fini de rembourser son prêt immobilier. Cet achat a été rendu possible après la vente de la maison dans laquelle elle vivait avec son ex-mari, dont elle est divorcée depuis cinq ans.
Anne compte profiter de l’argent de l’assurance-vie pour se faire plaisir, compléter sa pension de retraite mais aussi donner un coup de pouce financier à ses deux filles, âgées de 28 et 32 ans. Elle réfléchit à la meilleure stratégie patrimoniale à adopter.
Contrat d’assurance-vie: pourquoi Anne va devoir payer des impôts sur le capital reçu
L’assurance-vie offre un abattement de 152.500 euros par bénéficiaire si les virements ont été réalisés avant les 70 ans du souscripteur. Passé cet âge, la fiscalité change. Les primes versées après 70 ans sont soumises aux droits de succession, après un abattement global de 30.500 euros. Les intérêts générés par le contrat restent exonérés.
La tante d’Anne avait alimenté son assurance-vie après ses 70 ans pour un montant de 80.000 euros. Après l’abattement de 30.500 euros, la base taxable du contrat d’assurance-vie dont l’ancienne professeure est bénéficiaire se porte à 49.500 euros (80.000 - 30.500 euros). Comme elle n’est pas héritière en ligne directe, cette somme est soumise aux droits de succession au taux de 55%. Mais Anne bénéficie encore de l’abattement applicable entre tante et nièce (1594 euros). La base imposable tombe à 47.906 euros (49.500 - 1594 euros). Anne va devoir payer 26.348 euros d’impôt (47.906 × 55%).
Le reste du capital, correspondant aux versements effectués avant les 70 ans de sa tante, bénéficie de l’abattement de 152.500 euros et n’est donc pas imposé. Anne va donc réellement toucher 108.652 euros.
Anne se voit proposer un contrat d’assurance-vie à des conditions commerciales intéressantes
Contrairement à ce qu’elle imaginait, Anne ne peut pas conserver le contrat de sa tante. Il a été automatiquement dénoué au moment du décès de sa tante. Elle ne peut donc pas profiter de l’antériorité fiscale du contrat.
Mais avant de lui verser les fonds, l’assureur lui propose d’ouvrir un nouveau contrat avec des conditions commerciales préférentielles, afin d’y réinvestir tout ou partie du capital reçu. Anne se voit ainsi offrir des frais sur versement nuls, contre 2 à 4% dans certains contrats.
L’assureur lui propose également un accompagnement sur-mesure pour construire une allocation d’épargne adaptée à son horizon de placement relativement court.
Anne répartit une partie de son épargne sur un contrat d’assurance-vie multisupports
Anne choisit de rester dans la même compagnie d’assurance que celle du contrat de sa tante. Elle va placer 60.000 euros sur un contrat multisupports, c’est-à-dire à la fois sur un fonds en euros, dont le capital est garanti, et sur des unités de compte pour profiter pendant quelques années des opportunités offertes pour les marchés financiers.
Ce choix n’est pas lié au hasard: la compagnie lui propose un bonus de rendement sur le fonds en euros à condition qu’elle investisse une partie de son argent en unités de compte. Concrètement, 30.000 euros sont placés sur le fonds en euros et 30.000 euros sur des supports diversifiés, investis en obligations et en actions internationales. C’est pour elle un bon compromis entre sécurité et performance.
Évidemment, au moment de souscrire le contrat, Anne remplit la clause bénéficiaire au profit de ses deux filles. Maintenant, elle compte investir une partie du capital encore disponible sur d’autres supports et aider ses deux filles.
Quel complément de revenus ce contrat d’assurance-vie peut apporter à Anne?
Anne se projette: dans huit ans elle pourra procéder à des rachats sur son contrat d’assurance-vie et retirer jusqu’à 4600 euros par an sur les gains, sans payer d’impôt sur le revenu. Elle devra payer 17,2% de prélèvements sociaux. De manière raisonnable, elle suppose un rendement moyen annuel de 2,5% de son épargne. Son capital atteindrait alors 73.100 euros au bout de huit ans. À cette échéance, Anne pourra effectuer des retraits réguliers pour compléter sa pension. Pour ne pas dépenser tout le capital, elle imagine retirer 3000 euros par an, soit 250 euros par mois et ce pendant 20 ans. Son contrat continuera à produire des intérêts pour ses deux filles. Ainsi, si Anne décède à 84 ans, elles auront encore plus de 40.000 euros à se partager.
Anne va faire une donation à ses filles et investir le reste de son argent
La professeure des écoles décide de donner 10.000 euros à chacune de ses filles. Elles ne paieront aucun impôt dessus, chaque parent pouvant donner jusqu’à 100.000 euros tous les 15 ans, sans droits de donation. Conformément à la législation, elles devront simplement déclarer ce don sur le site des impôts.
Anne dispose encore de 28.000 euros. Elle en met 10.000 de côté sur son Livret A. Une partie de cet argent lui servira dès cet été pour s’offrir un très beau voyage, le reste comme épargne de précaution mobilisable à tout moment.
Anne décide d’investir les 18.000 euros restants sur un Plan d’épargne actions (PEA). À raison: après cinq ans de détention les plus-values et dividendes de ce produit d’épargne sont exonérés d’impôt sur le revenu (les prélèvements sociaux à 18,6% continuent, eux, de s’appliquer). Pour Anne, il s’agit de diversifier son épargne et de chercher un rendement potentiellement supérieur à l’assurance-vie.
Elle place une première moitié de son épargne en fonds indiciels européens, suivant le CAC 40 ou l’Euro Stoxx 50. L’autre moitié est investie en ETF sur des secteurs considérés comme porteurs à long terme: 25% sur la santé, 15% sur la technologie et 10% sur la défense. Dans six ans, une fois à la retraite, Anne disposera ainsi d’une enveloppe supplémentaire pour compléter sa retraite. À son décès, les titres du PEA seront transférés vers un compte-titres ordinaire et entreront dans la succession. Ses filles bénéficieront alors de l’abattement en ligne direct de 100.000 euros.
Grâce à l’argent de l’assurance-vie héritée de sa tante, Anne a pu sécuriser sa retraite, se constituer une épargne de précaution et assurer l’avenir de ses filles
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